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Le "weight cutting" en MMA, passage obligatoire avant la cage

  • Photo du rédacteur: Amina Ibrahim
    Amina Ibrahim
  • 3 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

4 février 2026


Vendredi 23 janvier 2026, après avoir validé sa pesée (-61 kg) en marge de son combat à l’UFC 324 à Las Vegas, l’Américain Cameron Smotherman s’est écroulé. La scène marquante a circulé sur les réseaux sociaux. Il a plus tard, donné des nouvelles rassurantes, expliquant que le « cutting » s’était bien passé.    

Ce paradoxe révèle la dure réalité de cette pratique drastique qui pourtant affaiblit les athlètes avant de monter sur le ring.


Pour beaucoup, le vrai combat en MMA, c’est le « weight cutting. »                            

Cette déshydratation, utilisée pour une perte de poids s’impose comme une étape normale du processus, permettant ainsi aux athlètes d’entrer dans une catégorie officielle.


Trois étapes, une même logique : mériter sa place


Dans les catégories légères, le cutting n’est plus un choix. C’est un passage intégré très tôt dans les carrières, pour dominer en puissance notamment au sol, en lutte ou « clinch », corps à corps. Les combattants veulent bénéficier d’un rapport de force en fonction du gabarit. Personne ne veut être désavantagé donc beaucoup y ont recours.

Le protocole est aujourd’hui parfaitement codifié. Régime strict en amont, déshydratation volontaire, puis bains chauds pour éliminer les derniers grammes.


Il y a deux ans, Taylor Lapilus, champion français, invité du Ciryl Gane Show sur YouTube, racontait en souriant cette étape du bain chaud avant un combat. Un souvenir qu’il évoquait comme une anecdote « drôle », malgré la violence du moment. « Pourquoi je fais ce sport de dingue ? », lâchait-il alors. Une phase éprouvante mentalement sur l’instant, mais qui se dissipe rapidement.


Autour de ces pratiques les équipes se professionnalisent. Gestion de l’alimentation, estimation des pertes quotidiennes, choix des nutriments post pesée pour favoriser une reprise de poids rapide. Tout est calculé, anticipé, contrôlé.                                                             

L’objectif est clair : arriver le jour du combat plus fort que sur la balance.


Combattre à tout prix


Un procédé qui existe depuis des années et à travers des exemples connus.

Anthony Johnson, qui combattait à –77 kg au début de sa carrière, a pu dépasser 113 kg en période off. Plus récemment, Paddy Pimblett a lui aussi marqué les esprits par ses variations spectaculaires, oscillant entre près de 93 kg hors combat et 70 kg à la pesée.


Ce qui change aujourd’hui, c’est que cette logique ne concerne plus seulement les figures du très haut niveau. Il y a deux semaines, dans Quotidien, Paul Dena 23 ans, combattant poids plume et influenceur, racontait sans détour sa réalité. Champion de France amateur en –61 kg en 2023, médaillé de bronze aux championnats d’Europe IMMAF 2024, il pèse pourtant environ 74 kg en temps normal. Avant chaque combat, il perd 12 à 13 kilos.

Son discours est posé, presque pédagogique. Pour lui, le cutting n’est ni un excès ni une dérive. C’est une routine.  


Des règles solides, mais une faille persistante


Dans la cage, le MMA est réglementé. Il protège ses athlètes. Coups interdits, arrêts médicaux et protocoles stricts, la sécurité est devenue un enjeu central du sport.

Les risques du weight cutting sont pourtant bien documentés. Les experts alertent. La déshydratation sévère augmente le risque de commotion cérébrale, altère les capacités cognitives, modifie le seuil de douleur et peut entrainer des dérèglements métaboliques durables.


Il faut parfois deux à trois jours pour que l’organisme retrouve un équilibre normal après ce processus. Or, le combat a lieu bien avant ce délai. Dans certains cas, des perfusions intraveineuses sont utilisées après la pesée pour accélérer la récupération, sans pour autant effacer totalement les conséquences physiologiques.


Le décès en 2015, du combattant chinois Yang Jian Bing, des suites d’une déshydratation due au « cutting », a avisé d’un réel danger. One Championship, a choisi d’instaurer un test d’hydratation en amont des combats pour préserver la sécurité de chacun. Globalement bien accueilli, ce changement a toutefois été suivi d’échecs lors de contrôles d’hydratation et de poids. Ces incidents ont ravivé les débats autour du dispositif mis en place.


Malgré des avancées et une volonté de remédier au weight cutting , cette étape demeure inévitable. C’est un passage obligatoire, une condition d’accès.

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