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Le sport sous tension : quand le calendrier exige toujours plus

  • Photo du rédacteur: Amina Ibrahim
    Amina Ibrahim
  • 20 déc. 2025
  • 3 min de lecture

20 décembre 2025


Il devient de plus en plus difficile de situer le début et la fin d’une saison sportive. Le sport est en constance transformation, il se densifie. Entre compétitions ajoutées, tournées internationales, formats repensés, les temps de récupération disparaissent.


Des saisons qui ne s’arrêtent plus…


Depuis plusieurs années, une volonté s’est installée dans le sport de haut niveau : produire toujours plus.

En football, le calendrier était déjà chargé. Il est devenu étouffant. Nouvelle Ligue des champions, Coupe du monde des clubs élargie, matches internationaux à répétition : les dates se multiplient. En 2025, certains cadres européens dépassent les soixante rencontres sur l’année. Parfois avec moins de 72 heures, entre deux matches, le haut niveau ne se joue plus par temps forts, mais en continu.

                                                                                                                                  

Le tennis suit le même modèle. Une saison qui s’étire sur près de onze mois, sans vraie pause. Pour les joueurs hors du top 50, les tournois ATP/WTA 250 et 125 ne sont pas un bonus, mais une obligation. Il faut jouer pour garder des points, pour payer les déplacements, pour rester visible. Dans ce rythme-là, le repos devient un luxe.

Le basket n’est pas épargné. En NBA, 82 matches de saison régulière d’octobre à avril, puis les play-offs, les voyages, les engagements commerciaux. Les corps n’ont plus le temps de souffler. En Europe, les joueurs d’Euroligue jonglent entre championnat, coupes nationales et compétitions européennes. Deux, parfois trois matches par semaine.


Entre corps fatigués et esprits saturés, les athlètes au bord de la rupture


On évoque souvent les blessures comme des accidents isolés. Pourtant, lorsque les saisons ne s’arrêtent jamais, la malchance n’explique plus tout. La fatigue devient systémique. Aujourd’hui, un sportif de haut niveau ne s’entraîne plus seulement pour progresser, mais pour tenir.


Le numéro 1 mondial Carlos Alcaraz, pourtant l’un des plus jeunes du circuit, s’exprimait déjà sur cette surcharge en 2024, en marge du tournoi de Buenos Aires :« Le calendrier ATP est trop exigeant. Si vous commencez votre saison par le premier tournoi de l'année, vous partez déjà le 25 ou 26 décembre.»


La récupération est devenue un enjeu central de la préparation. Soins, sommeil, prévention, gestion de la charge de travail occupent une place essentielle dans le quotidien des athlètes. La surcharge est aussi mentale. Jouer tous les trois jours, voyager sans interruption, rester sous pression permanente finit par user les organismes.


« C’est une combinaison de choses, mais la manière dont mon corps a réagi à ce changement de rythme — trois jours de repos, puis deux matches en deux jours — était étrange. C’est dur pour le corps, même si ce n’est pas censé être facile », confiait Victor Wembanyama au San Antonio Express-News en février 2024.



Quand le moteur économique prend le dessus


Cette surcharge n’est pas le fruit du hasard, elle répond à une demande économique. Plus de dates donc plus de droits télévisés et plus de sponsors… et avant tout une visibilité accrue à l’échelle mondiale.


Les calendriers sont désormais pensés comme des produits à remplir, souvent au détriment de la cohérence sportive et de la santé des athlètes.

À l’approche de la Coupe du monde 2026, Kevin De Bruyne,  milieu de Manchester City ne cache plus son exaspération envers les instances du football mondial : « le calendrier va être encore plus compliqué avec la Coupe du monde 2026. Certains syndicats de joueurs ont tenté d’avancer vers des solutions, mais rien ne change. À l’UEFA et à la FIFA, ils s’en foutent. C’est l’argent qui parle, et rien d’autre. » (Belgique : De Bruyne tire la sonnette d'alarme sur la surcharge du calendrier : Sports - Orange)


Tant que les audiences restent élevées, les instances ont peu d’incitations à ralentir. Pourtant, une question s’impose : que vaut un sport si ses acteurs se blessent et si son public se lasse ?

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