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Le tennis, cible privilégiée des paris truqués

  • Photo du rédacteur: Amina Ibrahim
    Amina Ibrahim
  • 28 nov. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 janv.

28 novembre 2025


Le 18 octobre, un nouveau scandale éclate : sept personnes dont plusieurs joueurs français ont été mis en examen dans le cadre d’un réseau international de truquage au tennis. Le gain ? 800 000 euros, l’enquête a révélé qu’une quarantaine de tournois entre 2018 et 2024 ont été ciblés. Répartis de la France aux Etats-Unis, en passant par l’Allemagne, l’Italie ou encore l’Egypte, le réseau aurait rémunéré des joueurs hors-top 100, selon le parquet de Marseille.          

                                                                                

On pourrait croire à un évènement isolé. C’est tout l’inverse. Le tennis, depuis plusieurs années, est devenu l’épicentre de réseaux criminels liés aux paris sportifs. Si ce sport est si exposé, ce n’est ni un hasard ni un accident : c’est le résultat d’un modèle économique et structurel avec de nombreuses failles.


Un sport mondial structurel trop facile à manipuler

Le tennis renvoie l’image d’un sport élitiste et luxueux. La réalité est beaucoup moins étincelante. Dans le haut du classement, quelques stars millionnaires. En bas, des centaines de joueurs qui tentent de survivre financièrement.


Sur les circuits secondaires, organisés par la Fédération internationale de tennis (ITF), un joueur ou une joueuse peut traverser l’Europe pour 400€ de gains. Certains vivent dans leur voiture, d’autres dorment chez l’habitant. Après la déduction des taxes, des frais, ils ne leur restent plus que quelques euros. C’est justement sur ces courts que les réseaux de truquage opèrent. Une proposition de 1000€ pour perdre un set, peut changer la semaine ou le mois d’un athlète. La précarité rend l’éthique fragile.


Le tennis est l’un des rares sports où l’on peut truquer sans perdre. C’est le cœur du problème. Il suffit de lâcher un jeu, de provoquer une double faute, perdre un tie break, ou de concéder un set...

Et pour le marché des paris, ce sport devient extrêmement rentable et parfois indétectable. Dans le football, basketball, truquer un résultat nécessite plusieurs complices. Dans le tennis, un seul joueur peut suffire pour empocher des dizaines de de milliers d’euros.


Les circuits secondaires : espaces de solitudes avec une surveillance minimale


Les affaires révélées par Eurojust le montrent : les matchs truqués se concentrent principalement sur des tournois mineurs qui manquent de contrôle.  Une grande partie de ces tournois ne bénéficient pas de retransmissions sur des plateformes, ni d’arbitres expérimentés, ni d’outils de trackings capables d’analyser la vitesse des balles ou les déplacements des joueurs.

 

L’autre vérité secrète au tennis, c’est cet univers solitaire. Contrairement aux sports collectifs, il n’y a souvent pas de coéquipier à qui parler ou de staff permanent pour surveiller. Un joueur est seul. Il affronte une précarité quotidienne dans ses déplacements, pour s’équiper sans sponsors, il est alors fragile face à la tentation.


Le démantèlement du réseau ne règle rien : il rappelle simplement que le tennis reste vulnérable. Tant que les circuits secondaires resteront sous-financés et les paris accessibles, les criminels trouveront d’autres terrains d’action.

Et pour ceux qui refusent de jouer ce jeu-là, un autre danger existe : le harcèlement. Plusieurs joueurs racontent les pressions, les menaces, les messages anonymes reçus après un refus.


Protéger le tennis, c’est aussi protéger ceux qui disent non.

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