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Clarisse Agbegnenou, mère, championne, modèle

  • Photo du rédacteur: Amina Ibrahim
    Amina Ibrahim
  • 20 janv.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 janv.

21 janvier 2026


Clarisse Agbegnenou, la plus grande championne française de l’histoire du judo, attend son deuxième enfant. Sa naissance est prévue pour mars 2026. La judokate s’est récemment confiée sur ce sujet intime, qui traverse aujourd’hui sa carrière autant que sa vie. Car au-delà des titres et d’un palmarès hors normes, Clarisse Agbegnenou incarne une question centrale du sport de haut niveau : comment rester professionnelle, performante et durable quand on est une femme, et désormais une mère ?


Une combattante née bien avant les tatamis


Avant même le judo, Clarisse Agbégnénou était déjà résiliente. Née en 1992 à Rennes, prématurée, fragile, avec une malformation au rein, elle tombe dans le coma à la naissance. Les médecins sont pessimistes. « Ils ont dit que je serais une battante », racontera-t-elle plus tard. Enfant, elle se bagarre souvent avec son frère jumeau. Trop d’énergie, trop d’intensité. À l’école, la directrice suggère à ses parents de l’inscrire dans un sport de combat. Le judo devient alors un moyen d’expression.


Clarisse débute à neuf ans. À quatorze, elle intègre le pôle d’Orléans. Un changement de cadre brutal : elle est la plus jeune, déracinée, confrontée à la solitude et aux doutes. Mais la progression est fulgurante. À quinze ans, le déclic arrive lors des championnats d’Europe cadets. Clarisse gagne. Elle n’avait jamais remporté de tournoi majeur jusque-là. Ce jour-là, elle comprend qu’elle peut aller plus loin.


À mesure que les années passent, sa puissance, son agressivité contrôlée et son mental d’acier font la différence. Clarisse gagne, encore et encore. Championne d’Europe, championne du monde à plusieurs reprises. Elle s’impose comme l’une des judokates les plus dominantes de sa génération.


Devenir mère sans renoncer, 2020 l’année où tout bascule


Puis vient un autre combat, plus intime. 2020. Le Covid, l’arrêt brutal. Une dépression profonde. Clarisse reprend ses études, se redécouvre. Avant de revenir plus forte, lors des Jeux Olympiques de Tokyo en 2021, elle remporte la médaille d’or. Après cette consécration, Clarisse choisit de devenir mère. Une décision personnelle, mais jamais anodine dans le sport de haut niveau pour les femmes.


Beaucoup, lui déconseillent ce changement de vie, à l’approche des Jeux de Paris. Clarisse, elle, refuse de choisir. En juin 2022, elle donne naissance à sa fille Athéna. Deux jours après son accouchement, elle reprend petit à petit, des exercices de respirations, du yoga, du vélo. Commence alors une période invisible aux yeux du public : la fatigue, la reconstruction du corps, le doute, la peur de ne plus être la même. «On ne devient plus personne il faut tout refaire. »           


Onze mois après son accouchement, Clarisse revient sur les tapis internationaux. Et gagne. Encore. Un titre mondial, comme un pied de nez à ceux qui pensaient que la maternité marquait la fin. Mais derrière la performance, il y a surtout une organisation millimétrée, entre entraînements, soins et vie personnelle.

Son modèle, Clarisse l’assume : Serena Williams. Pour le physique puissant, la domination, la longévité, mais aussi pour le parcours. Une femme qui a dû s’imposer jeune, se construire, devenir mère sans renoncer à gagner.  

            

Être une athlète professionnelle sur le long terme, pour une femme, ce n’est pas seulement enchaîner les compétitions. C’est aussi composer avec des contraintes : le regard sur le corps post grossesse, la charge mentale, la nécessité de prouver, encore, qu’elle est toujours légitime.

Le combat de Clarisse dépasse désormais le cadre individuel. En continuant sa carrière après être devenue mère, elle ouvre une voie. A sa demande, elle réussit à instaurer à la Fédération Internationale de Judo l’allaitement dans salles d’entraînement.


Une championne autrement


Aux Jeux olympiques de Paris 2024, Clarisse Agbégnénou a vécu un moment suspendu. Le public, l’émotion, sa famille en tribunes, son enfant dans les bras. Une médaille chargée de sens, bien au‑delà du résultat. « Revenir avec un enfant, ça n’a pas de prix. »

À 33 ans aujourd’hui, Clarisse est la plus grande judokate française de l’histoire : cinq fois championne d’Europe, six fois championne du monde, championne olympique en individuel à Tokyo, médaillée olympique à plusieurs reprises. Un palmarès exceptionnel, mais surtout une longévité rare.


Dans un monde sportif encore peu pensé pour les carrières féminines longues, Clarisse avance, encore et toujours.

Son regard est déjà tourné vers la suite. Los Angeles 2028 comme défi. Et qui sait… comme une nouvelle page à écrire.

 


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