Manaé Feleu : mener le XV, préparer l’après
- Amina Ibrahim
- 15 avr.
- 3 min de lecture
15 avril 2026
Après la large victoire du XV de France féminin, samedi 11 avril face à l’Italie (40-7) au Stade des Alpes de Grenoble, l’entrée dans le tournoi des Six Nations féminin est réussi. Le succès est mesuré pour Manaé Feleu. « Il y a plein de choses à corriger mais pour une entame je suis fière des filles. »
Dans la formule, tout son style apparaît déjà. Exigeante mais indulgente, elle priorise la satisfaction collective.
Capitaine du XV de France, à vingt-six ans, la deuxième ligne des FC Grenoble Amazones incarne la nouvelle génération du rugby féminin français.
En dehors du terrain, Manaé Feleu jongle entre études de médecine et vie sportive. L’après-carrière est une réalité avec laquelle elle doit composer.
Grandir avec les valeurs du sport
Née à Mâcon le 3 février 2000, Manaé Feleu rejoint Wallis-et-Futuna à l’âge de deux ans avec ses parents. Une partie importante de son identité se forge sur l’archipel, dans un cadre où la famille, le collectif et le sport occupent une place centrale.
Chez les Feleu, l’activité physique est omniprésente. Son père et sa mère sont professeurs d’EPS. Son père devient entraîneur de rugby sur l’île et transmet à ses enfants le goût du travail bien fait, de la rigueur quotidienne, des habitudes qui construisent sur le long terme. Le rugby entre d’abord par imitation. Son grand frère Niue joue, elle veut faire pareil. Elle commence à onze ans, ses sœurs suivront aussi, Teani et Assia.
Son prénom signifie tonnerre. Pourtant, elle grandit avec un tempérament presque opposé : calme, posé, réfléchi. Une joueuse plus cérébrale que démonstrative.
Elle passe ses années de lycée en Nouvelle Zélande, terre du rugby avant de faire ses valises pour Dijon en 2017.
Quand rugby et médecine se rencontrent
En terminal, elle se blesse aux ligaments croisés, cette période marque un tournant. À l’époque, elle regarde Grey's Anatomy, fascinée par l’univers du bloc opératoire, Manaé Feleu découvre sa vocation tardivement. Elle veut devenir médecin du sport.
La question de l’avenir prend déjà de la place. Un modèle l’aide à se projeter : Romain Loursac, ancien joueur professionnel de rugby devenu médecin. En découvrant son parcours, elle se dit : « Ok, c’est possible de faire les deux. »
Alors qu’elle réalise sa première année de médecine, sa sélection en équipe de France agit comme un déclic. Manaé comprend qu’elle peut viser plus haut. Le rugby international n’est plus un rêve lointain, mais un objectif accessible.
Un quotidien empreint d’exigence
Aujourd’hui, Manaé Feleu est en cinquième année de médecine. Et son quotidien ressemble à une course d’endurance. Cours, stages de 8h à 18h, entraînements à 18h30 et compétition le week-end, retour en cours le lundi matin. Puis recommencer.
L’organisation est indispensable et la charge mentale bien réelle. Mais il faut répondre aux exigences du haut niveau sans ralentir dans les études. Ce qui l’anime dans le médical trouve aussi écho à son rôle sur le terrain : l’empathie, le rapport aux autres, la capacité à prendre soin du collectif. Sa sœur Teani le résume simplement, « elle aime aider. »
Manaé est une travailleuse acharnée, même la prise de parole, longtemps identifiée comme un obstacle a été travaillée. Son leadership repose sur la transparence et le positif. Toujours tournée vers l’avenir, Manaé Feleu, souhaite finir ses études et penser après au rugby.
Sa philosophie tient en quelques mots : « vivre au plus simple .»




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